François!... le cher amant!... l'homme à qui elle s'était donnée sans restriction, tout entière!...
Était-ce donc vrai qu'il était parti honteusement, sous un prétexte de guerre?... Était-ce donc bien vrai qu'il l'avait abandonnée, qu'il ne reviendrait plus?
Mort peut-être... Aucune nouvelle!... Rien!...
Et l'enfant qui dormait, parfois se réveillait soudain sous la pluie tiède des larmes qui tombaient sur son front...
L'hiver se passa. Jeanne sortait rarement et ne s'éloignait jamais du jardin. Elle avait conservé une sourde terreur de sa dernière rencontre avec Henri de Montmorency, et elle tremblait à la seule pensée de se trouver devant lui...
Puis le printemps revint, très précoce.
En mars, Loïse allait vers son sixième mois—les premiers bourgeons éclatèrent, et tout redevint radieux dans l'univers, excepté dans le coeur de la pauvre abandonnée.
Un jour, vers la fin de ce mois de mars, la nourrice et son homme allèrent couper du bois dans la forêt.
Jeanne se trouvait dans sa chambre, contemplant avec une inexprimable tendresse Loïse endormie sur le lit.
Cette chambre donnait sur le jardin, par une fenêtre à ce moment entrouverte.