D'un élan il fut sur elle, lui saisit les deux poignets,—et d'une voix basse, rauque, rapide:

—Vous cherchez votre fille? Dites!... Oui! vous la cherchez! Eh bien, sachez ceci: votre fille, c'est moi qui l'ai! Je l'ai prise! Je la tiens! Malheur à elle si vous ne m'écoutez!

—Toi! hurla-t-elle. Toi, misérable félon!

—Tais-toi, gronda-t-il en lui meurtrissant les poignets. Écoute, écoute bien! si tu veux la revoir...

La mère n'entendit que ce mot: la revoir! Sa fureur se fondit. Elle se mit à supplier:

—La revoir! Oh! qu'avez-vous dit! La revoir!... Dites! oh! redites, par pitié! j'embrasserai vos genoux, je baiserai la trace de vos pas! Ma fille! Rends-moi mon enfant!...

—Ecoute, te dis-je!... Ta fille, à cette minute, est aux mains d'un homme à moi. Un homme? Un tigre, si je veux, un esclave! Nous avons convenu ceci: écoute: ne bouge pas!... Voici ce qui est convenu: que je m'approche de cette fenêtre, que je lève ma toque en l'air, et l'homme prendra sa dague et l'enfoncera dans la gorge de l'enfant...

Elle tomba à genoux, et de son front heurta la terre battue, voulant crier grâce, ne pouvant pas.

—Relève-toi! gronda-t-il.

Elle obéit promptement, et toujours avec un geste affreux des mains tendues, suppliantes.