—Cette femme..., dit Henri.

—Cette femme... ma femme...

—Eh bien, je l'ai chassée, moi, ton frère!

François chancela. Jeanne laissa entendre une sorte de gémissement lointain, sans expression humaine.

—Frère, cette femme qui porte ton nom est indigne. Cette femme t'a trahi. Et c'est pourquoi moi, ton frère, en ton lieu et place, je l'ai chassée comme on chasse une ribaude.

L'accusation était capitale: la femme adultère était fouettée en place publique et pendue haut et court.

La minute qui suivit l'accusation fut tragique.

Henri, prêt à tout événement, la main gauche crispée à sa dague, la droite serrant la toque... le signal fatal!... Henri tenait sous son regard Jeanne et François;—il était calme en apparence, et roulait dans sa tête la pensée d'un double meurtre si la vérité éclatait.

Jeanne, sous le coup de fouet de l'abominable accusation, se redressa. Pendant un instant inappréciable, l'amante fut plus forte en elle que la mère; une secousse la galvanisa comme la décharge d'un courant électrique peut galvaniser un cadavre. Elle eut un en avant fébrile de tout son corps; à ce moment, le bras d'Henri commença de se lever... La malheureuse vit le mouvement, avança, recula, bégaya on ne sait quoi de confus... et elle baissa la tête.

Quant à François, il chancela. Lorsqu'il se fut dompté, lorsqu'il fut sûr de ne pas saisir dans ses mains puissantes l'adultère et de l'étrangler, François marcha sur Jeanne qu'il domina de sa haute stature. Quelque chose d'incompréhensible éclata sur ses lèvres blanches, quelque chose qui signifiait sans doute: