—Rassurez-vous, madame, répondit Pardaillan; tout s'est passé le mieux du monde.
—Cependant, monsieur, vous venez seul..., dit Alice.
Pardaillan raconta alors comment ce gentilhomme inconnu les avait accostés, comme ce gentilhomme avait invité le comte à le suivre jusque chez la reine...
—Chez la reine! s'écria Alice frémissante. Au Louvre?...
—Non, pas au Louvre, madame! mais en certaine maison du Pont de bois. Et il en est sorti parfaitement sain et sauf, à telles enseignes que, moi, qui l'attendais à la porte, je l'ai accompagné jusqu'à l'hôtel de la rue de Béthisy.
—Et, reprit Alice pensive, hésitante et troublée, il ne vous a rien dit de cette étrange entrevue?
—Si fait. M. le comte est chargé d'une ambassade secrète auprès de la reine de Navarre, il a dû quitter Paris ce matin et m'a chargé de vous venir rassurer.
Alice avait pâli. Elle se mordait les lèvres. Mille questions qu'elle n'osait formuler se pressaient dans son esprit. Une seule chose rassurait Pardaillan: de toute évidence, elle aimait sincèrement Marillac.
Mais alors que signifiait ce trouble? Le plus naturellement du monde, il acheva sa mission en disant à Alice:
—Mais ce n'est pas tout, madame. Mon ami m'a chargé de vous dire qu'il veut profiter de son voyage auprès de la reine de Navarre pour l'informer de son amour pour vous...