Pardaillan avait à peine achevé ces mots qu'Alice se mit à trembler convulsivement. Elle murmura:
—Je suis perdue!
—Vous m'avez sans doute mal compris, madame! s'écria Pardaillan. M. le comte est résolu à demander à la reine l'autorisation de vous épouser dès son retour à Paris.. Je pensais vous apporter une grande joie...
—Oui... en effet..., balbutia Alice, c'est une bien grande joie... ah! je me meurs...
Alice de Lux, en effet, était tombée à la renverse, évanouie. Elle demeurait immobile, comme morte. Et le chevalier, avec un indicible mélange de pitié et de doute, vit que, dans l'évanouissement, deux larmes, qui roulaient sur les joues de la malheureuse, indiquaient seules qu'elle vivait encore.
A ses cris, la vieille Laura arriva effarée; elle avait d'ailleurs tout écouté à travers la porte.
—Ne vous inquiétez pas, dit-elle avec un sourire qui parut bizarre à Pardaillan, ma nièce est sujette à ces vertiges.
En parlant ainsi, la vieille bassinait les tempes d'Alice avec du vinaigre et s'efforçait de lui faire avaler quelques gouttes d'un élixir, contenu dans un petit flacon.
—Ah! fit le chevalier, madame est votre nièce?
—Oui, monsieur... Eh bien, mon enfant, vous avez éprouvé quelque douleur? une peine de coeur, peut-être?