Les blessures étaient guéries.
Somme toute, jusque-là, il n'avait souffert ni de la faim, ni de la soif. Mais maintenant le problème allait se poser à nouveau; et, cette fois, il était inéluctable.
En effet, pendant ce long séjour, Pardaillan avait employé son temps et toutes les ressources de son imagination à trouver un moyen d'évasion.
Les projets se succédèrent dans son esprit, mais, à la pratique, il dut en reconnaître l'inanité et les abandonner l'un après l'autre. Il n'y avait aucun moyen de sortir de là!
Dans deux jours, trois jours au plus, il allait se trouver sans vivres! Et alors commencerait une longue et terrible agonie pour aboutir à la mort la plus douloureuse!
XXXIV
JEANNE D'ALBRET
Au moment où le comte de Marillac se mit en route pour accomplir la mission de confiance que lui avait donnée Catherine, la reine de Navarre se trouvait à La Rochelle, place forte considérée par les réformés comme le meilleur de leurs refuges.
Jeanne d'Albret avait concentré là les forces dont elle disposait. Elle avait imaginé un plan aussi simple que hardi, et qui comportait deux actions simultanées.
Il consistait à réunir sous les murs de La Rochelle tout ce qu'il y avait de protestants en France décidés à risquer un grand coup pour conquérir la liberté de conscience.