Une fois cette armée réunie et organisée, elle en prendrait le commandement elle-même et marcherait droit sur Paris.

Telle était la première action du plan.

La deuxième consistait à tenter, dans l'intérieur même de Paris, un coup de main qui devait coïncider avec l'apparition de Jeanne d'Albret sur les hauteurs de Montmartre par où elle comptait attaquer.

Ce coup de main, c'était l'enlèvement du roi Charles IX que l'on eût transporté au camp des réformés.

Coligny, Condé, Henri de Béarn devaient prendre les devants, s'installer dans Paris et y préparer l'enlèvement.

Telle était la deuxième action du plan.

La résultante de ces deux combinaisons, la voici:

Jeanne d'Albret apparaissait sous les murs de Paris avec une armée forte d'environ quinze mille fantassins, deux mille cavaliers, vingt canons. A un signal donné par elle du haut de Montmartre, Henri de Béarn, suivi de Condé et de Coligny, montait à cheval; quatre cents huguenots parisiens se formaient autour de lui; cette troupe traversait la ville assiégée et marchait sur la porte Montmartre en criant aux Parisiens que le roi Charles IX se trouvait dans le camp huguenot.

Jeanne d'Albret comptait ainsi entrer dans Paris presque sans coup férir, se réunir à son fils, marcher sur le Louvre, et, là, imposer ses conditions à Catherine de Médicis.

Les choses en étaient là lorsque Jeanne d'Albret reçut une lettre qui la troubla fort et ébranla ses résolutions.