La lettre venait de Charles IX et lui était apportée par un gentilhomme du roi.
En substance, Charles IX assurait la reine de Navarre de sa bonne volonté, affirmait son sincère désir de terminer à jamais les luttes qui ensanglantaient le royaume, et lui donnait rendez-vous à Blois pour discuter des conditions d'une paix durable et définitive.
Pendant quelques jours, Jeanne d'Albret, tout en continuant ses préparatifs, eut l'esprit préoccupé de cette lettre. Elle avait simplement dit à l'envoyé du roi qu'elle ferait tenir une réponse.
Le soir du seizième jour, après son départ de Paris, le comte de Marillac arriva en vue de La Rochelle.
Son coeur battit à la pensée qu'il allait revoir la reine.
Or, les seize journées de route monotone qu'il venait d'accomplir, il les avait passées à se demander comment la reine de Navarre accueillerait son idée de mariage avec Alice de Lux. Quand il y songeait, il ne voyait pas quelle objection elle pourrait bien faire à ce mariage.
Mais, pour la première fois, il éprouvait de vagues inquiétudes. Qu'était-ce qu'Alice de Lux? D'où venait-elle?
Le comte de Marillac n'était et ne pouvait être jaloux. Il était inquiet, voilà tout: inquiet non pas de ce qu'il penserait, lui, d'Alice; mais de ce qu'en penserait la reine. Que savait-il d'Alice de Lux?
Donc, le comte de Marillac était violemment agité en entrant dans la ville de La Rochelle. Il s'informa aussitôt de la maison où logeait la reine.
Lorsque Marillac se trouva en présence de Jeanne d'Albret, il oublia toutes ses préoccupations personnelles et il eut un moment de joie qui éclata dans ses yeux. La reine lui tendit sa main qu'il baisa avec une affection passionnée.