—Vous voilà donc, mon cher enfant, dit la reine émue.

Jeanne d'Albret considéra un instant le comte avec une tendresse grave. Une question était sur ses lèvres, et elle hésitait à la formuler. Attentif aux pensées de la reine, Marillac comprit et dit:

—Sa Majesté le roi de Navarre est en parfaite santé, madame, et aucun danger ne le menaçait à l'heure où j'ai quitté Paris. J'en dirai autant de monsieur l'amiral et de monsieur le prince.

—C'est mon fils qui vous envoie? demanda la reine.

—Non, madame, fit Déodat. Je vous suis député par madame Catherine qui a pris soin de m'accréditer auprès de Votre Majesté.

En même temps, il tira de son pourpoint la lettre de Catherine de Médicis et, mettant un genou à terre, la tendit à Jeanne d'Albret. Le comte de Marillac ne se releva que lorsque Jeanne d'Albret eut lu entièrement la missive.

—Vous avez donc vu la mère du roi de France?

—Je l'ai vue, madame.

Marillac fit un récit fidèle et circonstancié de son entrevue avec Catherine, en tout ce qui concernait les propositions de paix et de mariage.

—Comte, dit la reine lorsque Marillac eut fini de parler, je vous chargerai de porter une réponse à la reine mère. En même temps, vous serez porteur d'une lettre pour le roi Charles IX. Et, enfin, je vous donnerai des lettres pour le roi de Navarre et M. de Coligny. Je réfléchirai aujourd'hui et demain aux propositions qui nous sont faites. Après-demain, je rassemblerai notre conseil, et il sera délibéré sur toutes ces graves questions. Vous pourrez donc reprendre dans trois jours le chemin de Paris. Pour le moment, laissons de côté la politique et la guerre, et parlons de vous, mon cher comte... Ainsi, vous avez vu la reine Catherine?