—J'ai la parole du roi. J'avoue que je ne la lui ai pas arrachée sans peine. Il paraît que votre ami conspire avec M. le maréchal de Montmorency.
—Lui!... Ah! madame, tenez, puisque l'occasion s'en présente, laissez-moi vous dire ce que le maréchal...
—Silence, comte... Ce ne sont pas là mes affaires, et puis, si M. de Pardaillan a quelque chose à me dire au sujet du maréchal, il me le dira lui-même.
—Comme vous êtes un grande reine! fit Marillac avec une expression de tendresse.
—Hélas! je suis simplement une femme qui a souffert, et la douleur, mon cher comte, est la bonne école de l'indulgence... Je ne veux pas savoir si votre ami conspire ou non. Je veux savoir seulement qu'il est votre ami. Dites-lui que, s'il a quoi que ce soit à me demander pour lui-même ou pour le maréchal, je le recevrai après-demain matin, à dix heures, lorsque le roi aura achevé de l'interroger...
—Sa Majesté désire donc interroger le chevalier?
—Oui, j'ai pu obtenir cette énorme dérogation à toutes les procédures. Au lieu d'être interrogé par un juge, votre ami le sera par le roi... et, si ses réponses sont satisfaisantes, s'il explique pourquoi il demeure renfermé dans l'hôtel de Montmorency... on le tiendra quitte de tout le reste, c'est-à-dire de la triple affaire du Louvre, du cabaret incendié et de la bataille rue Montmartre.
—Ah! madame, s'écria Marillac radieux, l'explication est des plus simples! Pardaillan et le maréchal ne demandent qu'à quitter Paris... si vous saviez!... il n'y a sous tout cela qu'une affaire d'amour...
—Eh bien, trouvez-vous après-demain matin au lever du roi, et vous emmènerez vous-même votre ami.
—Madame, il ne quittera pas le Louvre sans avoir déposé à vos pieds l'hommage de sa reconnaissance... Quant à moi, ma vie vous appartient.