Un éclair flamboya dans les yeux de Catherine. Mais Marillac ne vit pas cet éclair qui l'eût épouvanté, penché qu'il était devant la reine.
—Adieu, comte, dit celle-ci. A demain soir, d'abord... dans Saint-Germain-l'Auxerrois... puis, au Louvre, après-demain matin...»
Le comte sortit enivré.
Il se rendit à pied jusqu'au couvent. Comme il y arrivait, un cavalier en sortait, montait à cheval et disparaissait dans la direction du Louvre. Le comte demanda à être introduit auprès de l'abbé, ou tout au moins auprès du prieur. Ce fut le prieur qui le reçut au parloir.
—Monsieur, demanda-t-il, et ce terme fit faire la grimace au révérend prieur, y a-t-il inconvénient à ce que vous me disiez si M. le chevalier de Pardaillan est encore dans votre couvent?
—Aucun inconvénient; ce jeune homme est encore ici. Il devait être transféré à la Bastille. Mais je viens de recevoir un ordre du Louvre, qui m'enjoint de le garder jusqu'à mardi matin dans la meilleure chambre du couvent: je lui ai cédé la mienne; c'est tout ce que je pouvais faire.
—Et mardi matin, qu'arrivera-t-il? demanda Marillac palpitant.
—J'ai ordre de remettre ce jeune homme en liberté, en lui disant simplement que le roi veut lui parler à son lever et qu'une auguste personne compte sur son honneur de gentilhomme pour...
—Il ira! Je vous en réponds, moi! s'écria Marillac transporté. Mais ne pourrais-je voir le chevalier quelques instants?
—Monsieur, je n'y verrais pour ma part aucun obstacle. Mais je n'ai pas reçu d'ordre à ce sujet.