—Avant qu'Henri de Guise ne soit proclamé roi de France, pour avoir arraché le royaume aux huguenots!...

—Vous le voulez! haleta Charles IX. Vous le voulez tous!... Eh bien, tuez-le! Tuez l'amiral! Tuez mon hôte! Tuez celui que j'appelle mon père! Mais, par l'enfer, tuez aussi tous les huguenots de France, afin qu'il n'en reste pas un pour me reprocher ma félonie! Tuez! Tuez tout! Tuez!... Ah!...»

Son visage se convulsa.

Et ce rire sombre, fantastique et terrible, qui, parfois, éclatait sûr ses lèvres, le secoua de frissons convulsifs.

—Enfin! avait hurlé Catherine avec un accent de joie furieuse.

—Enfin! répéta le maréchal de Tavannes avec une sorte de contrariété.

D'un geste, Catherine les entraîna tous dans son cabinet proche de l'oratoire, tandis que le roi tombait dans un fauteuil, luttant désespérément contre la crise qui se déchaînait.

—Monsieur le maréchal, dit alors Catherine en regardant Tavannes en face, je vous charge d'avertir M. de Guise que le roi est décidé à sauver l'Eglise et le royaume. Nous comptons sur lui...

Tavannes s'inclina.

—Allez, messieurs, reprit la reine, voici trois heures qui sonnent; soyez ici demain matin, à huit heures; amenez-moi M. de Guise, M. d'Aumale, M. de Montpensier et M. de Damville; n'oubliez pas le prévôt Le Charron. Que, dès huit heures, nous soyons tous assemblés ici...