Ils entrèrent, et, tout de suite après l'antichambre, pénétrèrent dans une pièce très vaste qui occupait toute l'aile gauche du rez-de-chaussée. Sur une grande table étaient déployées des cartes célestes dressées par Ruggieri lui-même; les murs disparaissaient derrière les rayons de chêne qui supportaient des volumes.
La reine et l'astrologue ne s'arrêtèrent que quelques instants dans le cabinet de travail poussiéreux.
—Allons dans ton laboratoire, dit Catherine.
Ruggieri eut un frémissement, mais obéit.
Ils traversèrent à nouveau l'antichambre, et Ruggieri, faisant manoeuvrer trois serrures compliquées, finit par ouvrir, après dix minutes de travail, une lourde porte renforcée de barres de fer.
Derrière cette porte s'en trouvait une autre. Et celle-ci était toute en fer. Elle n'avait aucune serrure. Mais Catherine elle-même ayant appuyé fortement sur un imperceptible bouton, la porte s'ouvrit, ou plutôt s'écarta, laissant de chaque côté la place suffisante pour le passage d'un homme.
La pièce où ils entrèrent alors occupait l'aile droite du rez-de-chaussée.
L'air y pénétrait par deux fenêtres, que d'épais rideaux en cuir, soigneusement tirés, protégeaient contre tout regard qui fût parvenu à percer les vitraux.
Ruggieri alluma deux flambeaux de cire, et la salle apparut alors.
Tout le panneau du fond était occupé par le manteau d'une cheminée assez vaste pour former à elle seule comme une pièce distincte. Sous ce manteau, deux larges fourneaux étaient dressés: à chacun d'eux, aboutissait le bout d'un soufflet de forge. Ils étaient encombrés de creusets de différentes, grandeurs. Cinq ou six tables placées ça et là supportaient des cornues de toutes tailles. Sur une planche, une collection de masques en verre ou en treillis d'acier.