—As-tu vu ce regard? dit le vieux routier tout pâle.

Le chevalier, tout à la violente douleur de la nouvelle qu'il venait d'apprendre, allait et venait dans le cachot avec une agitation croissante. Une furieuse colère montait en lui. Jamais le vieux Pardaillan n'avait vu son fils dans cet état. Et, sans doute, cette colère, allait finalement se traduire par quelque éclat, lorsque la porte s'ouvrit à nouveau. Les mêmes arquebusiers, qui avaient conduit Ruggieri, apparurent dans les couloir. Et le sergent qui les commandait dit simplement:

—Messieurs, veuillez me suivre.

Le vieux routier tressaillit d'espoir. Il voyait dans cet incident la suite de l'intervention de Marie Touchet. Si on ne les mettait pas en liberté, on allait les transférer dans quelque chambre plus aérée. Il saisit le bras du chevalier.

—Viens, dit-il. Nous songerons à venger ton ami quand nous serons hors d'ici.

—Oui, fît le chevalier, les dents serrées, le venger!... Je sais d'où est parti le coup qui l'a frappé.

Ils se mirent en marche, entourés d'arquebusiers.

—Monsieur, dit le vieux Pardaillan au sergent, vous nous conduisez dans une autre cellule?

—Oui, monsieur.

—Très bien.