Le sergent le regarda d'un air étonné. On arriva au bout du couloir et on commença à descendre un escalier tournant, pareil à celui qu'ils avaient descendu le matin pour arriver à la chambre de torture, mais non le même.
Cependant, ils s'enfonçaient de plus en plus. L'air devenait méphitique. Les murailles suintaient. Par plaques, des touffes de champignons verdâtres se renflaient sur la pierre. A d'autres endroits, cette pierre brillait de mille cristaux minuscules: c'était le salpêtre qui sortait.
On arriva ainsi à une sorte de boyau long d'une vingtaine de pas.
«Diable!» songea Pardaillan père.
Mais il se rassura aussitôt en apercevant, au bout du boyau, un étroit escalier qui remontait. Et, comme il n'y avait de couloir ni à droite ni à gauche, il en conclut qu'ils allaient reprendre par là le chemin qui les ramènerait à l'air.
C'était vrai: les deux Pardaillan devaient monter cet escalier qui tournait rapidement sur lui-même et dont ils n'apercevaient que les deux ou trois premières marches.
Il y eut mieux: les arquebusiers firent halte dans le boyau, et les deux prisonniers furent invités à monter les premiers. Ils montèrent; derrière eux, le sergent; derrière le sergent, les arquebusiers.
Le vieux Pardaillan qui, plein d'espoir, marchait en tête, compta huit marches tournantes. A la neuvième marche, il n'y avait plus d'escalier, mais une sorte de porte basse et étroite s'ouvrait; machinalement, il franchit le pas; le chevalier passa derrière lui; au même instant, ils entendirent derrière eux un bruit sonore et métallique, comme celui d'une porte de fer qui se referme...
L'obscurité était opaque.
Le silence était aussi absolu que les ténèbres.