Il descendait le perron, le terrible perron où Montmorency avait tenu tête à la meute.
Voyait-il seulement les reîtres de Damville qui, un à un, s'approchaient, avec des faces inquiètes et sombres?... S'il les voyait, il ne s'en préoccupa point. Il alla droit au tombereau de poudre laissé dans la cour, au milieu de la rue. Il y avait dans ce tombereau vingt barils de poudre.
Le vieux Pardaillan se mit tranquillement à les décharger.
A ce moment, un coup d'arquebuse retentit: l'un des reîtres venait de tirer sur lui et l'avait manqué.
Le routier grommela:
—C'est imbécile de n'avoir pas lu ce papier plus tôt. Comment le faire parvenir au chevalier, maintenant?
Et il continua sa besogne, sans hâte apparente, sans déploiement de force visible, mais, en réalité, avec le prodigieux effort de tous ses muscles tendus, avec la rapidité foudroyante d'une machine en mouvement.
L'un après l'autre, il transportait les barils dans la salle d'honneur.
D'instant en instant, le nombre de ces figures louches qu'il avait remarquées augmentait; les reîtres n'osaient pas encore pénétrer dans la cour.
Le vieux Pardaillan en était à son seizième baril.