—De point en point, fit Maurevert. A ce soir, donc!...

Les deux bandits s'éloignèrent rapidement vers Paris. Alors, du fond d'une haie touffue, une tête pâle apparut avec un sourire qui eût épouvanté Maurevert, deux yeux ardents se fixèrent sur les deux hommes jusqu'à ce qu'ils eussent tourné au premier détour du chemin. Et le chevalier de Pardaillan demeura à cette place, immobile et pensif.

«Cette fois, murmura-t-il, je crois que je le tiens!...»

XIX

LE MEUNIER

Pardaillan avait suivi Maineville et Maurevert dès l'instant où il les avait aperçus. Au-delà de la porte Saint-Honoré, il avait laissé Angoulême et ses deux nouveaux laquais, qui l'attendirent en se dissimulant derrière une masure. De loin, il avait assisté à la discussion du muletier avec Maineville et Maurevert. Puis, il avait vu ce dernier s'enfuir à toutes jambes, il avait entendu le coup de pistolet, et, rampant parmi les hautes avoines, il avait pu se glisser jusqu'à la haie près de laquelle avait eu lieu l'entretien que nous venons de rapporter. Alors, le chevalier se dirigea vers la masure où il avait laissé Charles.

—Voulez-vous, lui dit-il, jouer un mauvais tour à Mgr Guise? Retournez à votre hôtel, prenez-y des armes et munitions. Montez à cheval avec ces deux dignes serviteurs, qui brûlent du désir d'en découdre! L'un d'eux, continua le chevalier, me ramènera mon destrier. Je vous attendrai dans le moulin que vous apercevez d'ici.

—Mais, de quoi s'agit-il?... demanda Charles.

—Je vous l'ai dit: de jouer un mauvais tour à Guise, et de lui porter un de ces coups dont il ne se relèvera pas.

Le petit duc n'en demanda pas davantage; il avait en Pardaillan une confiance illimitée. Il partit aussitôt.