—Tuez-le! tuez-le! vociférait Guise.
—Je suis vaincue! Je suis maudite! gronda Fausta.
La mêlée entre les gardes et les truands se faisait des plus violentes; des gentilshommes dévalaient de l'estrade et couraient sur Pardaillan, la dague levée. Pardaillan jeta la jeune fille dans les bras de Charles. Celui-ci, déchiré lui-même, ses forces centuplées par la frénésie de cette minute, reçut Violetta qui à ce moment ouvrit les yeux.
Il y eut entre yeux un regard qui eut la durée d'un éclair... Et ce fut dans le tumulte déchaîné, dans la fumée qui montait du bûcher de Madeleine, ce fut la confirmation de leur amour.
—En avant! rugit Pardaillan. Vers les chevaux!
Les montures de l'escorte étaient massées près de l'estrade.
Il saisit sa rapière par la poignée. Et il se mit en marche vers les chevaux. Il ne courait pas. Ce n'était plus la ruée de tout à l'heure. La rapière tourbillonnait, pointait, frappait, sifflait; sur la route sanglante, des gens tombaient... et Pardaillan blessé, pareil à une statue rouge-, éclaboussé de sang du front aux pieds, marchait, couvrant de son prodigieux moulinet Charles et Violetta.
Pardaillan atteignit les chevaux au moment où une vingtaine de gentilshommes se ruaient sur lui tous ensemble. Il mit son épée en travers de ses dents, empoigna Charles, tenant Violetta, et les souleva tous deux d'un terrible effort: Charles se trouva à cheval, Violetta assise devant lui, sur l'encolure, l'enlaçant d'un de ses bras.
—Tue! Tue! rugirent les assaillants...
Ils étaient sur lui... Les truands décimés avaient fui!... La foule revenait à la charge avec une clameur sauvage.