—Et vous voudriez m'en faire commettre une autre en m'y faisant rentrer! Le roi est hors de Paris, monsieur le duc: je sortirai de Paris! Le chemin est-il libre?

—Il l'est pour tous les vrais fidèles, éclata Guise. Et le roi...

—Vive le roi! monsieur! hurla Crillon. Prenez garde vous-même, monseigneur! Prenez garde à la forfaiture! Nous avons tous deux l'ordre du Saint-Esprit; en le recevant, nous avons juré fidélité au roi, notre grand maître! Que faites-vous de votre serment?

Un grondement de tonnerre roula sur la place de Grève démontée, agitée de furieuses vagues humaines. Guise, devenu affreusement pâle, jetait autour de lui des ordres rapides. Et ses gentilshommes s'élançaient sur tous les points où les troupes de la Ligue étaient disséminées.

Crillon leva son épée... Ce fut à cet instant que Charles d'Angoulême et le chevalier de Pardaillan parvinrent au premier rang de cette foule tumultueuse.

Guise, l'idole de Paris, Guise eut alors un grand geste large et superbe. Et la foule s'apaisa, écouta, avide de l'entendre, de l'admirer encore.

A ce moment, le colonel des Suisses, qui jusqu'ici s'était tenu en arrière de Crillon, s'avança rapidement vers le duc et dit à haute voix:

—Ni moi ni mes Suisses ne sortirons de Paris!

—Colonel! hurla Crillon, à votre rang! Ou, par le sang du Christ, il faut vous battre avec moi jusqu'à ce qu'un de nous deux tombe!

—Monseigneur, dit le colonel, je me rends à la Ligue!... Suisses! sortez des rangs!...