Mais Fausta venait de frapper deux coups sur le timbre. Un homme entra, et, au moment où il souleva la tapisserie, Pardaillan put voir derrière cette tapisserie des gens immobiles, l'épée à la main.

—Que font les prisonniers? demanda Fausta.

—Le prince Farnèse est assis dans un fauteuil, et le bourreau couché sur le tapis.

«Le bourreau!» s'exclama Pardaillan en lui-même; Une sorte d'angoisse l'envahit. Une sueur froide pointa à son front. Quel était ce bourreau?... Quelle mystérieuse accointance pouvait-il y avoir entre le bourreau et Violetta?... Car, ce bourreau, c'était celui qu'on appelait maître Claude! Celui que Violetta aimait plus encore que son père!...

—Que disent-ils? reprit Fausta.

—Ils ne disent plus rien. Ils semblent privés de sentiment. Cependant, ils vivent encore; la poitrine du cardinal se soulève avec effort, et on entend le souffle haletant de maître Claude...

—Horrible? murmura Pardaillan qui pâlit.

Fausta souriait d'un sourire aigu qui montrait ses dents, admirables perles qui brillaient, sous l'incarnat de ses lèvres...

—Qu'ont-ils dit? Qu'ont-ils fait depuis qu'ils ont commencé à mourir?

Dans les premières heures qui ont suivi la sentence du sacré tribunal, les deux condamnés sont restés immobiles, chacun dans un coin, comme prostrés et abattus. Puis le bourreau a cherché un moyen de sortir. Lorsqu'il eut constaté l'impossibilité de la fuite, il s'est tenu tranquille. Des heures se sont passées. Puis ils ont commencé à souffrir vivement, car ils se sont rapprochés Fun de l'autre et ont cherché dans un échange de paroles un oubli momentané de la souffrance.