Il avança donc à grands pas et aboutit bientôt dans une salle déserte. Mais, comme il venait d'y entrer, la porte se referma derrière lui. En même temps, à l'autre bout de la salle, une autre porte s'ouvrait...
—Il paraît que c'est par là que je dois passer, fit Pardaillan. Passons donc!
Et il continua de marcher, l'épée à la main. Il marchait dans du silence. Le palais était une solitude. Seulement, à mesure qu'il franchissait une porte, elle se refermait derrière lui. Il traversa ainsi plusieurs salles.
Il commençait à éprouver en quelque sorte une horreur pénétrante. Y avait-il danger de mort? Et où était ce danger? Et en quoi consistait-il?... Il y avait comme une menace lugubre dans ces portes qui se refermaient derrière lui, comme pour lui dire:
—Tu ne repasseras plus jamais par là!...
Et, pourtant, il ne s'arrêtait pas.
«Il faudra bien que j'aboutisse quelque part!» grommelait furieusement le chevalier, qui, pareil au prince de la légende, parcourait l'épée à la main cette façon de palais enchanté.
Et, malgré toute sa force d'âme, il éprouvait le vertige du danger inconnu. Une salle encore fut franchie, salle immense et somptueuse avec ses colonnes de jaspe... la salle du trône; puis deux ou trois pièces encore que Pardaillan traversa presque en courant, les yeux exorbités, l'angoisse au coeur, en criant à pleine voix:
—Mais tout le monde a donc peur de ma rapière, dans ce nid d'assassins!..
Pardaillan se trompait: c'était lui qui avait peur... peur du silence, de la solitude, de l'inconnu. Brusquement, il fut rassuré: il venait enfin de pénétrer dans une salle aux murailles nues. Mais, dans cette salle, il y avait des hommes, des gens en chair et os, bâtis comme lui!... Il respira longuement et se mit à rire, tout en tombant en garde.