Claude se releva d'un bond, le visage resplendissant d'une épouvantable extase.

—Vous dites, gronda-t-il, que je serai absous de tout mon passé?...

—Tu seras absous!...

—Et que cette exécution est la dernière... qu'après cette femme je ne tuerai plus personne?...

—Cette femme sera ta dernière victime!

—Qu'elle meure donc, rugit maître Claude, en se dirigeant vers la chambre des exécutions.

C'était une large pièce au plancher mal équarri, au milieu duquel apparaissaient les rainures d'une trappe fermée. Il y avait un anneau à cette trappe. Une corde y était adaptée; elle montait droit au plafond, puis, par un système de poulies, descendait le long d'une paroi où elle était fixée à un gros clou par un noeud. Il n'y avait qu'à défaire ce noeud: la corde glissait dans ses poulies, et le couvercle de la trappe, n'étant plus soutenu par elle, s'abaissait, retombait...

Quiconque se trouvait alors sur ce couvercle était précipité... En bas, la Seine coulait avec de sourdes lamentations, des clapotis pareils à des malédictions.

En entrant, le bourreau aperçut au milieu de la salle, dans la livide clarté diffuse, celle qu'il allait tuer. Elle était étendue sur le plancher, évanouie de terreur sans doute.

Il frissonna longuement. Puis il se dirigea vers le clou auquel était accrochée la corde qui soutenait la trappe!... Mais, pour y aller, il fit un long détour, sans regarder la victime... La sueur coulait à grosses gouttes sur son visage... Et ce fut ainsi qu'il atteignit la corde. Sans oser se retourner, il porta une main tremblante sur le noeud, qu'il commença à défaire... A ce moment, la condamnée, la victime, poussa un soupir.