«Elle se réveille... Il faut que je la tue avant de la précipiter... Elle pourrait se sauver!.. Et puis... elle souffrirait trop... je dois tuer, non faire souffrir!...» ajouta-t-il grelottant.
Alors il se retourna, bondit jusqu'à la condamnée, et s'agenouilla ou plutôt s'accroupit près d'elle disposant les cordelettes de l'étranglement!...
La victime fit un mouvement... Des paroles à peine bégayées parvinrent jusqu'à l'oreille du bourreau.
«Adieu, mère... ma mère chérie... Père! Où es-tu?...»
«Elle appelle sa mère, haleta le bourreau. Comme sa voix est douée et comme elle me remue le coeur!...»
Une irrésistible curiosité s'emparait de lui! Voir! oh! voir le visage de cette victime... Lire peut-être sur sa figure le crime qui la condamnait. Il résistait encore à la tentation que, déjà, ses doigts avaient délié le cordon qui maintenait le sac noir autour du cou. Déjà lui apparaissait l'adorable visage de Violetta... Il la contempla une longue minute, avec un indicible effarement.
Puis, à force de la regarder, il sentit comme un battement sourd et profond de son coeur, un bouleversement de son âme.
«Ah ça! gronda-t-il en saisissant sa crinière de ses deux mains crispées, mais je deviens fou, moi!... Que vais-je imaginer là!... Vais-je sombrer dans la folie!... ce visage... il me rappelle... non!... c'est insensé!... l'enfant aurait cet âge-là! oh si je pouvais voir ses yeux! Si c'était elle!... Ma fille! hurla-t-il dans un cri terrible!... Violetta! Violetta!...
Violetta ouvrit les yeux, les posa, timides et craintifs, sur le bourreau... Elle tendit les bras et murmura:
—Mon père!... Bon, bon petit papa Claude!...