Fausta approuva d'un signe de tête et disparut.

Ruggieri la suivit d'un sourire qui, peut-être, eût glacé cette femme que rien n'effrayait.

—Sois tranquille, gronda-t-il alors lui-même... Tu ne te doutes pas, Fausta, que j'ai deviné ta pensée!...

A ce moment, six hommes, sans doute prévenus par Fausta, entrèrent, déposèrent le comte de Loignes toujours évanoui sur un fauteuil et l'emportèrent hors de l'auberge.

Catherine de Clèves, duchesse de Guise, avait bondi hors de l'auberge, en proie à une terreur insensée. Ses forces tout à coup défaillirent, Elle comprit qu'elle allait rouler sur le pavé. A ce moment, il lui sembla voir un homme arrêté devant la maison voisine. Elle se traîna jusqu'à cet inconnu et tomba dans ses bras en murmurant:

—Par pitié, monsieur, qui que vous soyez, défendez-moi.

L'homme, très embarrassé de ce fardeau et comprenant qu'un prompt secours était nécessaire à cette femme, regarda autour de lui, et, avisant la porte de la maison de Fausta, souleva le heurtoir de bronze.

La porte s'ouvrit... Et Pardaillan entra, portant dans ses bras la duchesse de Guise évanouie. Et la porte de fer de la maison de Fausta se referma sur lui!...

VIII

DOUBLE CHASSE