—Je vous en donnerai d'autres, dit Fausta. Mais, dites-moi, avez-vous fait ce que je vous ai demandé?

—Oui, ma noble dame. Depuis votre visite bénie, mon fils ne quitte plus la bohémienne; il la suit pas à pas, selon vos ordres, sans se montrer à elle, c'est entendu...

—Et, depuis, elle n'a pas essayé de s'écarter de cette montagne?...

—Non. La bohémienne rôde autour de la sainte abbaye sans jamais y entrer, mais sans jamais s'en éloigner non plus... Quand elle a faim, elle vient ici.

—Je vous tiendrai compte de votre zèle, dit Fausta.

—Que votre volonté s'accomplisse! dit la vieille en saisissant les trois ou quatre écus d'or que lui tendait la visiteuse.

—Et où est maintenant la bohémienne? demanda Fausta.

—Partie dès le chant du coq. Elle va et vient, et aime souvent à se reposer auprès de cette croix noire que vous n'aurez pas manqué de remarquer, ma noble dame. Le plus souvent elle rôde autour du couvent.

—C'est bien, bonne femme. Voulez-vous envoyer quelqu'un à la recherche de votre fils?

La paysanne, sortant sur le pas de sa porte, dit quelques mots à un marmot qui partit en courant.