Vingt minutes plus tard, le fils de la paysanne arrivait.

—Où est la bohémienne? demanda Fausta.

—Là-bas, fit le jeune homme en étendant le bras dans la direction du couvent.

—Conduis-moi auprès d'elle...

Le paysan s'inclina et se mit à marcher devant Fausta. Il contourna les murs du couvent et parvint à la brèche située près du pavillon. Là, Fausta aperçut Saïzuma, qui, assise sur une pierre et dominant ainsi les terrains de culture du couvent, regardait fixement devant elle.

—Tu peux te retirer, dit-elle à son guide.

Alors Fausta franchit la brèche sans que la bohémienne parût prendre garde à elle. Quand elle fut dans le jardin, elle se retourna vers Saïzuma, et d'une voix très douce:

—Pauvre femme... pauvre mère...

Saïzuma abaissa son regard sur la femme qui lui parlait ainsi, et la reconnut aussitôt. Saïzuma n'avait vu Fausta que peu d'instants dans la chambre de l'abbesse, Claudine de Beauvilliers; et pourtant elle la reconnut.

—Ah! dit-elle avec une sorte de répulsion, c'est vous qui m'avez parlé de l'évêque!...