Elle s'arrêta, hésitante, et, timidement, leva sur Fausta ses yeux noyés de larmes.
—Parlez sans crainte, mon enfant, dit Fausta avec une douceur qui bouleversa la pauvre petite.
—Oui, dit-elle, je sens, je devine combien vous devez être bonne... je puis donc vous dire que, si je vous ai bénie depuis cette nuit-là, j'ai beaucoup pleuré... madame, ma soeur Madeleine... quand dois-je la retrouver?
Si impassible que fût Fausta, si terrible que fût la pensée qui la guidait, elle ne put s'empêcher de frissonner.
—Vous reverrez votre soeur Madeleine, dit-elle... mais, mon enfant, je suis venue vous trouver ici, où je vous ai mise à l'abri, pour vous entretenir d'un sujet bien grave... Dites-moi, vous rappelez-vous votre père?...
—Hélas! madame, balbutia la malheureuse qui éclata en sanglots, comment pourrais-je l'avoir oublié, alors qu'il y a quatre mois à peine mon pauvre père, plein de vie, nous prodiguait encore ses caresses, à ma soeur et à moi?...
—Et votre mère?
—Madame, vous ne savez donc pas que ma mère est morte peu de temps après m'avoir donné le jour?
Ma soeur Madeleine, plus âgée que moi, pourra sans doute vous parler d'elle...
—Et qu'en disait votre soeur?... Quelle femme était votre mère?... Belle, n'est-ce pas?