—Sire! s'écria Jésus, où êtes-vous? Voyez ce que font les huguenots! et, pourtant, je ne me plains pas!...

Un grondement de la foule des bourgeois répondit à ces paroles. Et déjà, comme à Paris, les cris de: Vive Henri le Saint! éclataient, lorsque Jésus, c'est-à-dire Joyeuse, se mit à pousser des lamentations qui, cette fois, n'avaient rien de feint. En effet, quatre pénitents venaient de s'approcher de lui et s'étaient mis à le flageller, non plus avec des lisières de drap ou des lanières de carton, mais avec de bonnes et solides étrivières de cuir.

Cela dura quelques minutes, pendant que les soldats contenaient la foule, pendant que Guise, pâle et stupéfait, se demandait s'il n'était pas venu se jeter dans la gueule du loup. Les quatre enragés frappaient de plus belle.

—Assez! dit tout à coup une voix forte.

Un homme venait de paraître sous le porche de la cathédrale. Les quatre flagellants cessèrent aussitôt leur besogne, et, s'étant précipités dans l'église ou ils se dépouillèrent de leurs frocs, apparurent sous les traits de Chalabre, Montsery, Loignes et Sainte-Maline...

L'homme qui venait de surgir s'avançait avec une sorte de dignité vers le malheureux Joyeuse. A son aspect, un grand silence s'établit, les gens de Crillon présentèrent les armes. Guise mit pied à terre et, se découvrant, s'inclina profondément...

Cet homme, c'était le roi de France.

II

HENRI III

Le roi, sans faire attention à Guise, s'arrêta devant Joyeuse et, s'agenouillant, cria dans le silence: