—Morte!... fit Guise en étouffant un sanglot. Morte, mon bon ami... assassinée par l'infernal Pardaillan...

—Ah! ah! répéta Maurevert stupéfait.

—Heureusement, le sacripant est puni... son corps servira de pâture aux poissons... mais ce n'est pas ainsi que j'eusse voulu le frapper... la mort est trop douce pour lui...

—Monseigneur, malgré toutes les recherches, le corps de Pardaillan n'a pas été retrouvé. Or, tant que je ne l'aurai pas vu mort de mes yeux, je m'attendrai toujours à voir le truand reparaître au moment où on l'attendra le moins...

—La peur que cet homme t'inspirait te fait radoter, mon pauvre ami. Mais n'y pensons plus. Prends cette missive. Au palais de la Cité, le plus tôt possible. Et qu'elle ne sorte pas un instant de tes mains!

—Monseigneur, je place votre lettre dans mon pourpoint, je saute à cheval, et, dans un quart d'heure, la missive sera à son adresse...

Maurevert, dès qu'il ne fut plus en vue de l'hôtel, passa du galop au trot, et du trot au pas.

«Imbécile! gronda-t-il, tandis qu'un double éclair de haine jaillissait de ses yeux. Monseigneur me rend sa confiance!... Vraiment!... Et tout est dit!... Il oublie les humiliations dont il m'a abreuvé! Ah! si j'étais sûr que Pardaillan soit mort!... Tu ne me reverras plus. Guise.»

Tout en grommelant ainsi, Maurevert gagnait non pas la Cité, où il eût dû se rendre directement, mais son propre logis. Ayant mis son cheval à l'écurie, il monta à son appartement, s'enferma à double tour, alluma un flambeau et, saisissant la lettre destinée à Fausta, se mit à l'examiner, en la tournant en tous sens.

Alors, il commença à se livrer à un singulier travail au moyen d'une pince légère et d'un couteau à lame très fine. Au bout de cinq minutes, la lettre était ouverte, son cachet intact.