—Mais Maurevert y était!... Est-ce vrai. Maurevert?

—Parfaitement vrai, fit Maurevert qui marchait derrière Guise. Tu lui fis sauter l'épée des mains par trois fois, et le truand dut s'avouer vaincu...

Bussi-Leclerc eut un geste de vive satisfaction et remercia Maurevert d'un regard.

On arrivait au village de Villerbon...

—Allons, messieurs, dit Guise d'une voix sombre, ne parlons plus des morts... Bussi, pique donc au galop jusqu'à ces cavaliers que tu vois là-bas, et sache ce qu'ils veulent.

Sur la place de l'Eglise, dans le village, une soixantaine de cavaliers, en effet, étaient arrêtés... mais Bussi-Leclerc n'eut pas le temps d'exécuter l'ordre qu'il venait de recevoir. Les cavaliers venaient d'apercevoir la troupe de Guise et galopaient à sa rencontre. Un instant. Guise se troubla et sa main descendit jusqu'à l'épée de fer de sa rapière. L'idée que Henri III lui avait ménagé un guet-apens passa dans son esprit comme un éclair. Mais il se rassura aussitôt. Les cavaliers étaient sur lui et criaient:

—Monseigneur, vous êtes le bienvenu!...

C'était une troupe de gentilshommes députée par les seigneurs assemblés dans Blois pour aller a sa rencontre, le saluer et l'assurer de toute fidélité...

A ce moment, le roi de France, pâle et nerveux, se trouvait dans l'appartement qu'il occupait au premier étage du château. Henri III, avec une agitation qui contrastait avec son indolence habituelle, allait et venait, s'approchait souvent d'une fenêtre d'où il pouvait voir la cour carrée et le porche majestueux du château.

Henri III attendait le duc de Guise!...