—Non, sire, dit froidement Crillon. Plus le crime est énorme, plus il est de l'intérêt du roi de le faire éclater au grand jour.
—Mauvais conseil, répéta Henri III de sa voix lente et basse. Ce qu'il faut faire, je vais vous le dire, moi!... Celui qui veut tuer, on le tue!... Vous en chargez-vous, Crillon?
Le rude capitaine s'inclina, secoua la tête, et dit:
—Sire, ordonnez-moi de provoquer le duc de Guise. Je le provoquerai au milieu de ses gentilshommes. Et quand nous aurons croisé le fer, en plein jour, devant tous. Dieu décidera entre sa cause et la mienne...
Le roi, ébranlé, jeta un regard à Catherine de Médicis qui fit un signe imperceptible.
—Non, reprît-il alors, non, mon brave Crillon. Je ne veux pas vous exposer, précieux que vous êtes à ma couronne. Allez, Crillon, je vous donne congé.
Le vieux capitaine s'inclina et sortit. Alors, Henri III se tourna vers Biron:
—Et vous, Biron, que me conseillez-vous?
—Votre Majesté est-elle parfaitement sûre des méchants desseins de M. de Guise? dit le maréchal.
—Aussi sûr que vous l'êtes vous-même. Car tous, autant que vous êtes ici, vous savez mieux que moi qu'un serment sur les autels n'est pas fait pour arrêter le duc de Guise...