Pardaillan se pencha. La troupe à demi décimée s'était massée au bas de l'escalier.

—Monsieur le capitaine, cria Pardaillan, voulez-vous nous laisser sortir? Je vous préviens que j'ai encore un Bacchus, un Mercure et un Jupiter à vous briser sur la tête.

—Monsieur, répondait Larchant, tout ce que je puis faire pour vous, en estime de votre courage, c'est de vous prendre mort pour ne pas vous livrer vivant au bourreau!

—Allons, rendez-vous! dit Pardaillan avec tranquillité.

Ivre de fureur, Larchant se mit à ranger ses hommes et leur donna ses instructions, Il finissait à peine qu'un horrible fracas retentit au-dessus de sa tête; une chose énorme tombait en se heurtant à la rampe... c'était un lampadaire.

Cette magnifique pièce de l'art Renaissance consistait en un fût de colonne supportant sept branches; le fût était vissé au tournant de rampe du palier; et Pardaillan, tandis qu'il parlait au capitaine, s'était mis à dévisser le monstre de bronze.

Au moment où Larchant achevait de ranger ses hommes, Pardaillan imprima une secousse violente au lampadaire qui tomba, s'abattit, pareil à un gigantesque oiseau de mort... et, cette fois, ce fut effroyable... Larchant s'abattit, une jambe brisée, trois hommes s'affaissèrent, tués net, quatre autres, blessés, se mirent à hurler, et les derniers, après un moment de stupeur épouvantée, reculèrent en désordre jusque dans la cour.

—Suivez-moi! dit Pardaillan d'un ton bref.

Il s'élança, la rapière au poing, et Fausta derrière lui. En quelques secondes, ils furent dans la cour.

—Aux chevaux! cria Pardaillan à Fausta.