Henri III s'écroula dans son fauteuil et essuya son front mouillé de sueur, en disant:
—Que faut il faire, ma mère?... Chartres était assez près de Paris pour que je pusse m'y rendre d'un bond. Dans la terrible conjoncture que vous m'exposez, Chartres est trop près de Paris!...
—Calmez-vous, mon cher fils, dit la vieille mère. Chartres est trop près de Paris! eh bien, nous avons Blois avec son château imprenable, où l'on soutiendrait au besoin un siège de dix ans!...
—Oui, oui!... Partons, ma mère, partons! s'écria Henri.
Puis, se frappant brusquement le front:
—Et ces gens qui sont là!... Ces misérables!... Ce Guise imposteur!... Oh! je ne veux pas les voir!
—Vous allez, mon fils, vous rendre à l'hôtel de ville comme c'est convenu, interrompit Catherine. Vous aurez votre air le plus confiant pour écouter les doléances des bourgeois de Paris. Et, quand vous verrez Guise triomphant, alors vous lui déchargerez le coup que je lui ai préparé... Pas de réponse! Le silence! Un mot: un seul!... Et ce mot... ce mot qui sera l'écrasement de Guise vous ramènera le royaume presque tout entier...
—Dites! dites! ma mère!... Quel sera ce mot?
—Le voici: le roi convoque les états généraux à Blois!... Les états généraux! Comprenez-vous? Guise n'est plus rien! Les Parisiens ne sont plus rien! Le roi discute avec les ordres assemblés... sans compter que nous gagnons du temps, ajouta Catherine avec un mince sourire.
Henri III respira bruyamment et éclata de rire.