—Adieu donc! acheva Pardaillan. Je ne vous en veux pas. J'ai sept ou huit manières de faire sauter une épée. Si vous voulez, je vous les enseignerai, et alors nous serons à armes égales pour une prochaine rencontre...

—Dites-vous vrai? s'écria Bussi qui se releva, haletant.

—Monsieur, dit Pardaillan, croyez que je ne plaisante pas avec une chose aussi sérieuse qu'une passe d'armes d'où la vie d'un homme peut dépendre. Quand vous voudrez, je vous montrerai mes sept manières... vous en savez une, déjà.

—Par tous les diables, s'écria Bussi, vous êtes un honnête homme, monsieur; et c'est grand dommage que nous ne vous ayons pas eu avec nous. Votre main, s'il vous plaît?

Pardaillan tendit sa main que Bussi-Leclerc serra avec une sorte d'admiration mêlée d'effroi.

—Nous ne sommes donc plus ennemis? reprit le chevalier en souriant.

—Non! Et même, si vous le permettez, je me déclare votre ami. Mais vous me promettez...

—De vous enseigner ces quelques bottes; c'est entendu, je les tiens de mon père qui, sans avoir votre réputation, n'en avait pas moins appris le fin du métier des armes. Adieu, monsieur. Je vous retrouverai à Paris...

Là-dessus, Pardaillan salua et s'éloigna à grand pas en remontant le cours de la Loire.

«A Maurevert, maintenant!» murmura-t-il.