—Holà! coquines! faisait à ce moment Picouic, où couriez-vous si vite? On voulait donc fausser compagnie à ces bonnes religieuses pour courir la prétantaine?...

—Monsieur... balbutia Violetta...

Et comme elle levait ses beaux yeux sur Picouic, elle le reconnut. Et elle frissonna de terreur. Non pas que Picouic ou Croasse lui eût jamais fait du mal quand elle faisait partie de la troupe vagabonde... Mais, du moment qu'elle voyait Picouic, elle pouvait supposer que Belgodère n'était pas loin...

—Ah! murmura-t-elle avec accablement, je suis perdue... Belgodère rôde par ici...

A ce moment Picouic les rejoignait et les saisissait chacune par un bras. A voix basse, rapidement, il murmura:

—Ne craignez rien, n'ayez pas peur, mais surtout feignez de me considérer comme un ennemi... et pourtant, par le ciel qui nous éclaire, je suis votre ami et je vous sauverai... car je suis un serviteur fidèle de M. de Pardaillan et de Mgr le duc d'Angoulême...

Violetta demeura saisie, extasiée... A ce nom que venait de prononcer l'hercule, elle poussa un cri de joie.

—Silence! fit Picouic. Ça! reprit-il à haute voix, suivez-moi, que je vous remette ès-mains de cette digne, de cette sainte, de cette excellente religieuse!

Mariange arrivait à ce moment toute essoufflée.

—Ouais! grommelait-elle, sans ce digne cavalier, les deux païennes se sauvaient, et je ne sais trop ce qui serait advenu de moi...