Soeur Mariange entrevit le parti qu'elle pouvait tirer de deux serviteurs qui feraient sa besogne, et surtout qui deviendraient deux geôliers pour les drôlesses hérétiques dont elle avait la garde.

—C'est dit! fit-elle tout à coup.

—Quoi? s'écria Picouic, vous consentez à nous donner l'hospitalité?

—Certes... et de grand coeur...

—Et à... nous... nourrir?

—Sans aucun doute!...

—Venez, dit soeur Mariange aux deux hercules ravis.

Toute la bande se dirigea alors vers le pavillon voisin de la brèche, et y entra.

—Voilà, reprit Mariange, vous habiterez là; ce soir, à la nuit, avec soeur Philomène, nous vous apporterons de la bonne paille fraîche, que nous prendrons dans les écuries de l'abbesse. Vous ne vous montrerez pas, lorsque nos soeurs seront dans le jardin; de plus, vous surveillerez l'enclos et la brèche...

—Pardon, ma soeur, dit Picouic, vous venez de nous promettre un lit. Mais quelle sera notre nourriture?