Et il s'assit dans une attitude qui lui était familière: la jambe droite croisée sur la jambe gauche, le coude sur le bras du fauteuil, le menton appuyé sur le poing.

Espinosa s'inclina profondément, alla transmettre les ordres du roi et revint se placer discrètement dans une embrasure, non loin de Barba Roja.

Au même instant, Fausta faisait son entrée.

Elle s'avançait lentement, avec cette souveraine majesté qui faisait se courber tous les fronts. Ses yeux de diamant noir se posaient sur les yeux de Philippe qui, impassible, figé dans son immobilité voulue, la fixait avec une insistance vraiment royale.

Seulement, tandis que, chez le roi, le regard était froid, impérieux, foudroyant comme un coup droit qui vise à tuer, chez Fausta, il se montrait enveloppant, d'une douceur inexprimable et en même temps d'une force irrésistible, qui tendait à désarmer simplement.

Fausta se courba dans la plus impeccable des révérences de la cour.

Mais, de la suprême harmonie de ses attitudes, du port de tête altier, du regard fulgurant se dégageait une si souveraine autorité qu'elle semblait écraser celui devant qui elle s'inclinait.

Et l'impression était si saisissante qu'Espinosa ne put s'empêcher d'admirer, et murmura:

—Incomparable comédienne!

Et le roi, ébloui peut-être par la surhumaine beauté de cette étincelante magicienne, le roi sentit plier son indomptable orgueil.