—Il faudrait des millions pour cette entreprise. Nos coffres sont vides.
—Que Votre Majesté dise un mot, et, avant huit jours, j'aurai fait entrer dans ses coffres cent millions, plus si c'est nécessaire, dit-elle avec dédain.
Philippe la fixa une seconde, et, hochant la tête:
—Je vois ce que vous me demandez et que je ne saurais vous donner, puisqu'il ne m'appartient pas... Je vois mal ce que vous pourriez me donner en échange.
—J'apporte à Votre Majesté la couronne de France... Il me semble que cela compenserait largement l'abandon du Milanais.
—Eh! madame, si je la veux, cette couronne de France, il me faudra la conquérir. Et, si je la prends, ce seront mes canons et mes armées qui me l'auront donnée, et non vous!
—Votre Majesté oublie la déclaration du roi Henri III? dit vivement Fausta.
—La déclaration du roi Henri III? fit le roi en ayant l'air de chercher. J'avoue que je ne comprends pas.
Cette déclaration est formelle. Grâce à elle, c'est la reconnaissance assurée de Votre Majesté par les deux tiers, au moins, du royaume de France.
—C'est tout à fait différent, en ce cas. Cette déclaration peut avoir la valeur que vous dites... Encore faudrait-il la voir? Ne deviez-vous pas me la remettre, madame? dit négligemment le roi en la regardant.