—Faites, monsieur, comme si vous étiez devant le roi de France, dit-il, en insistant à son tour sur ces derniers mots, avec un ton qui eût fait rentrer sous terre tout autre que Pardaillan.
Mais Pardaillan en avait vu et entendu bien d'autres. Pardaillan, enfin, avait résolu de piquer l'orgueil de ce roi qui lui déplaisait outrageusement.
—Je remercie Votre Majesté de la permission qu'elle daigne m'accorder avec tant de bonne grâce, dit-il. Figurez-vous que je suis curieux de voir de près certain parchemin que possède Mme la princesse Fausta. Mais curieux à tel point, sire, que je n'ai pas hésité à traverser la France et l'Espagne tout exprès pour satisfaire cette curiosité que vous partagez, j'en jurerais, attendu que ce parchemin n'est pas dénué d'intérêt pour vous.
Et, tout à coup, avec cette froide tranquillité qu'il prenait parfois:
—Ce parchemin, je suis certain que vous l'avez demandé à Mme Fausta, je suis certain qu'elle vous a répondu qu'elle ne l'avait pas sur elle, qu'il était placé en lieu sûr... Eh bien, c'est faux... Ce parchemin est là...
Et, tendant le bras, il touchait presque le sein de la «papesse» du bout de son index.
Et le ton était d'une assurance si irrésistible, le geste à la fois si imprévu et si précis que, de nouveau, l'espace de quelques secondes, le silence pesa lourdement sur les acteurs de cette scène rapide.
—Quel rude joueur! admira encore Espinosa.
Quant à Fausta, elle reçut le coup en pleine poitrine. Mais elle ne broncha pas. Le roi, lui, commençait à s'intéresser à cet étrange ambassadeur au point qu'il oubliait ses façons cavalières qui l'avaient froissé.
Le chevalier continuait: