—Allons, madame, sortez de votre sein ce fameux parchemin, montrez-le-nous un peu, que nous puissions discuter sa valeur, car, s'il intéresse Sa Majesté le roi d'Espagne, il intéresse aussi Sa Majesté le roi de France que j'ai l'insigne honneur de représenter ici.

En disant ceci, Pardaillan s'était redressé. Et il y avait une telle flamme dans son regard, une telle force, une telle autorité dans son geste que, cette fois, le roi lui-même ne put s'empêcher d'admirer cet homme tant il apparaissait, maintenant, imposant et majestueux.

Fausta n'était pas femme à reculer devant une telle mise en demeure et elle songeait:

«Puisque cet homme bat les diplomates les plus consommés par sa franchise audacieuse, pourquoi n'emploierais-je pas la même franchise comme une arme redoutable qui se tournerait contre lui?»

Et elle porta la main à son sein pour en extraire le parchemin et l'étaler dans un geste de bravade.

Mais, sans doute, il n'entrait pas dans les vues du roi de discuter sur ce sujet avec l'ambassadeur du roi Henri, car il l'arrêta en disant impérieusement:

—J'ai donné congé à madame la princesse Fausta.

Fausta n'acheva pas son geste. Elle s'inclina devant le roi, regarda Pardaillan droit dans les yeux, et:

—Nous nous retrouverons, chevalier, dit-elle d'une voix très calme.

—J'en suis certain, madame, dit gravement Pardaillan.