«Cet homme est une force de la nature. Nous serons invincibles s'il consent à être à nous. Pour se l'attacher, il faut se montrer plus chevaleresque que lui. Si ce moyen ne réussit pas, il n'y aura qu'à renoncer... et se débarrasser de lui au plus tôt.»

Fausta avait accueilli les paroles de Pardaillan avec cette sérénité majestueuse qui lui était personnelle, et, de sa voix harmonieuse, avec un regard d'une douceur inexprimable:

—Ce que vous dites et ce que vous faites me paraît très naturel, venant de vous, chevalier.

—Ce sont là, dit Espinosa, des scrupules qui honorent grandement celui qui a le coeur assez haut placé pour les éprouver.

—Ah! monsieur, fit le chevalier, vous ne sauriez croire combien votre approbation me remplit d'aise. Elle me fait prévoir que vous accueillerez favorablement les deux grâces que je sollicite de votre générosité.

—Parlez, monsieur de Pardaillan, et, si ce que vous voulez demander n'est pas absolument irréalisable, tenez-le pour accordé d'avance.

—Mille grâces, monsieur, fit Pardaillan en s'inclinant. Voici donc: je désire que vous rendiez à Mme Fausta le document que vous lui avez pris.

Fausta eut un imperceptible sourire. Pour elle, il n'y avait pas le moindre doute: Espinosa refuserait.

Espinosa demeura impénétrable. Il dit simplement:

—Voyons la seconde demande?