—La seconde, fit Pardaillan avec son air figue et raisin, vous paraîtra sans doute moins pénible. Je désire que vous donniez l'assurance à madame qu'elle pourra se retirer sans être inquiétée.

—C'est tout, monsieur?

—Mon Dieu, oui, monsieur.

Sans hésiter, Espinosa répondit avec douceur:

—Eh bien, monsieur de Pardaillan, il me serait pénible de vous laisser sous le coup d'un remords et, pour vous prouver combien grande est l'estime que j'ai pour votre caractère, voici le document que vous demandez. Je vous le remets, à vous, comme au plus digne gentilhomme que j'aie jamais connu.

Le geste était si imprévu que Fausta tressaillit et que Pardaillan, en prenant le document que lui tendait Espinosa, songea:

—Que veut dire ceci?... Je m'attendais à disputer sa proie à un tigre et je trouve un agneau docile et désintéressé. Mort-diable! il y a quelque chose là-dessous!

Et, tout haut, à Espinosa:

—Monsieur, je vous exprime ma gratitude sincère.

Puis, à Fausta, lui tendant le parchemin conquis, sans même le regarder: