—Qui me dit qu'elle est fermée?... Pourquoi ne pas s'en assurer? Et, en parlant, il franchissait les trois marches, il était sur la porte. Les lourds verrous, soigneusement huilés, glissèrent facilement et sans bruit.
Le coeur lui battait à grands coups dans la poitrine; il examina la serrure. Elle était fermée et bien fermée.
Il tira vigoureusement à lui: la porte résista. Elle ne fut même pas ébranlée.
Alors, il lâcha la serrure pour examiner le chambranle et la gâche. Il étouffa un cri de joie.
Cette gâche était maintenue par deux vis à grosses têtes rondes. La dévisser n'était qu'un jeu; les instruments ne manquaient pas dans la chambre pour mener à bien cette opération.
Il eut tôt fait de trouver une lame qui lui servit de tournevis, et, tout en travaillant, il se disait:
«Pardieu! j'y suis!... les gens qu'on amène ici sont généralement enchaînés et escortés de gardes... sans cela on n'aurait pas commis l'imprudence de placer aussi maladroitement cette serrure... Espinosa a oublié ce détail... il a oublié que j'ai les mains libres... aussi, j'en profite.» En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, les deux vis étaient arrachées. Au moment de tirer la porte à lui, il s'arrêta, la sueur de l'angoisse au front, et murmura:
«Et si elle est maintenue par des verrous extérieurs?...»
Mais, se secouant furieusement, il saisit à deux mains l'énorme serrure et tira à lui: la gâche tomba sur les marches, et la porte s'ouvrit.
Pardaillan s'élança avec un rugissement de joie délirante. En effet, il l'avait entendu, Espinosa voulait le forcer à entrer dans la chambre de torture; là, tout devait être fini. Or, pour une cause qu'il ignorait, nul n'était intervenu, ou peut-être Espinosa avait-il réellement pensé à le laisser mourir de faim dans ce cachot.