XIX
LE SOUPER
Centurion se hâta de sortir du palais. Il exultait, le brave Centurion, et, en caressant sous ses haillons le blanc-seing qu'il venait d'arracher à la naïveté de Barba Roja, il répétait à chaque instant, comme s'il eût voulu se convaincre lui-même d'une chose qui lui paraissait incroyable:
«Je suis riche!... Enfin! je vais donc pouvoir déployer mes ailes et montrer ce dont je suis capable!»
Comme il traversait la place du Palais en faisant des rêves merveilleux, ce qui ne l'empêchait pourtant pas d'avoir l'oeil aux aguets, une ombre, surgie de derrière un pilier, se dressa soudain devant lui. Centurion s'arrêta et demanda à voix basse:
—Eh bien? L'homme?
—Il a été attaqué par quatre gentilshommes, presque à la porte de l'auberge. Il les a mis en fuite.
—A lui tout seul? demanda Centurion sur un ton d'incrédulité.
—Il lui est venu du secours. El Torero.
—Et maintenant?