Et, tout d'un coup, avec une résolution farouche:
«Eh bien, non!... Mourir pour mourir, du moins qu'elle ne soit pas à un autre. Que le Français maudit disparaisse à tout jamais... Je ne ferai rien pour le sauver... Je le tuerai plutôt de mes faibles mains!... Et puis, qui sait? Après tout, Juana l'a dit aussi, elle oubliera peut-être, et elle m'aimera, comme avant, elle me l'a promis. Je n'en demande pas davantage...»
C'était la condamnation définitive de Pardaillan que le petit homme décidait là.
Ayant pris cette résolution irrévocable, il se hâta et atteignit bientôt la maison des Cyprès.
Il s'en fut droit à la porte et, avec précaution, il essaya de l'ouvrir. La porte résista. Il eut un sourire.
«La princesse est revenue, murmura-t-il, toutes les portes sont fermées maintenant, et il y a du monde là-dedans. Il s'agit d'être prudent. Tiens! je n'ai pas envie d'aller rejoindre le Français au fond du fleuve.»
Il fit le tour de la muraille, se baissa et chercha à tâtons. Quand il se redressa, il tenait une corde mince, longue, munie de forts crampons. Il se dirigea vers le cyprès qui touchait le mur. Il fit tournoyer la corde et la lança contre l'arbre. A la seconde tentative, les crampons se prirent dans les branches de l'arbre. Il tira sur la corde: elle tint bon.
Alors, il se mit à grimper avec la souplesse d'un jeune chat. Bientôt, il fut dans l'arbre. Il enroula la corde autour de son cou et se laissa glisser à terre.
Prudemment, il se dirigea vers le cyprès où il avait caché son trésor. Il prit le sac de Fausta, auquel il avait attaché la bourse de don César. Quelques minutes plus tard, il était hors de la maison, ayant parfaitement réussi son expédition.
Il replaça la corde, où il l'avait prise et se dirigea droit vers le fleuve, non sans s'assurer, d'un coup d'oeil circulaire, que nul ne l'observait.