—Eh bien, mais, puisque tu as une arme et puisque tu veux ma mort, tue-moi, dit Pardaillan très calme.

Et il le regardait, sans nulle raillerie, cette fois, avec une certaine curiosité, eût-on dit.

Fou de fureur, le nain leva le bras.

Pardaillan ne fit pas un geste. Il continuait de le regarder froidement, bien en face. Le bras du nain s'abattit dans un geste foudroyant. Mais ce fut pour jeter la dague à toute volée au fond du réduit, et il gémit:

—Je ne veux pas! Je ne veux pas!

—Pourquoi?

—Parce que j'ai promis...

—Tu as déjà dit cela. A qui as-tu promis, mon enfant?

Rien ne saurait rendre la douceur affectueuse avec laquelle le chevalier prononça ces paroles. La voix était si chaude, si caressante; il se dégageait de toute sa personne des effluves sympathiques si puissants qu'El Chico en fut remué jusqu'au fond des entrailles. Son pauvre petit coeur se dilata doucement et les larmes jaillirent, douces et bienfaisantes, cependant qu'une plainte monotone s'exhalait de ses lèvres crispées:

—Je suis trop malheureux! trop malheureux! trop!