—La princesse porte à Sa Majesté Catholique un document qui doit assurer le trône de France à Philippe d'Espagne.
—Le trône de France?... Peste! monsieur. Et qu'est-ce donc, je vous prie, que ce document qui livre ainsi tout un pays?
—Une déclaration du feu Henri troisième, reconnaissant Philippe II pour unique héritier.
—Est-ce tout ce que vous aviez à me dire de la part de Sa Sainteté?
—C'est tout, monsieur.
—En ce cas, veuillez m'excuser, monsieur. S. M. le roi Henri m'attend. Veuillez transmettre à Sa Sainteté l'expression de ma reconnaissance pour le précieux avis qu'elle a bien voulu me faire passer.
Henri IV avait accueilli la communication de Ponte-Maggiore avec une impassibilité toute royale, mais, en réalité, le coup était terrible et, à l'instant, il avait entrevu les conséquences funestes qu'il pouvait avoir pour lui.
Il avait aussitôt convoqué en conseil secret ceux de ses fidèles qu'il avait sous la main, et, lorsque le chevalier fut introduit, il trouva auprès du roi Rosny du Bartas, Sancy et Agrippa d'Aubigné.
Dès que le chevalier eut pris place, le roi, qui n'attendait que lui, fit un résumé de son entretien avec Ponte-Maggiore. Pardaillan, qui savait à quoi s'en tenir, n'avait pas bronché. Mais, chez les quatre conseillers, ce fut un moment de stupeur indicible aussitôt suivi de cette explosion:
—Il faut détruire le parchemin!...