Seul, Pardaillan ne dit rien. Alors, le roi, qui ne le quittait pas des yeux:

—Et vous, monsieur de Pardaillan, que dites-vous?

—Je dis comme ces messieurs, sire: il faut le reprendre, ou c'en est fait de vos espérances, dit froidement le chevalier.

Le roi approuva d'un signe de tête, et, fixant le chevalier comme s'il eût voulu lui suggérer la réponse qu'il souhaitait, il murmura:

—Quel sera l'homme assez fort, assez audacieux, assez subtil, pour mener à bien une telle entreprise?

D'un commun accord, comme s'ils se fussent donné le mot, Rosny, Sancy, du Bartas, d'Aubigné, se tournèrent vers Pardaillan. Et cet hommage muet fut si spontané, si sincère que le chevalier se sentit doucement ému.

—Je serai donc celui-là, dit-il avec simplicité.

—Vous consentez donc? Ah! chevalier, s'écria le Béarnais, si jamais je suis roi... roi de France... je vous devrai ma couronne!

—Eh! sire, vous ne me devrez rien...

Le roi réfléchit un instant, et: