—Quoi! madame, fit Centurion d'une voix étranglée, vous voulez!...
—Je veux, oui! dit Fausta avec un imperceptible sourire.
Sur un ton douloureux, le bravo dit:
—Vous m'avez promis cependant...
—Que faudrait-il donc que je fasse pour arriver à vous persuader qu'on ne me prend pas pour dupe?
—Madame, bégaya Centurion interloqué, je ne comprends pas.
—Vous allez comprendre. Vous m'avez dit que vous étiez amoureux de Giralda, au point que vous parliez de l'épouser. Eh bien soit, j'y consens, épousez-la.
—Ah! madame! je vous devrai la fortune et le bonheur! s'émerveilla Centurion, radieux.
—Épousez-la, répéta Fausta avec nonchalance. Seulement il est une petite chose, sans grande importance pour un amour, aussi désintéressé que le vôtre. Dans le nouvel ordre de choses que nous allons instaurer, vous serez un personnage en vue. On s'étonnera peut-être que le personnage que vous allez être ait pour épouse une humble bohémienne.
—L'amour sera mon excuse. Nul ne pourra médire sur le compte de ma femme. La Giralda, malgré qu'elle ne soit qu'une bohémienne, est connue comme la vertu la plus farouche de l'Andalousie. Cela est l'essentiel.