Derrière l'intendant de Fausta qui, au milieu de cette foule compacte, se traçait un chemin avec une vigueur surprenante chez un bonhomme qui paraissait aussi cassé, le Torero parvint jusqu'au perron d'une des plus somptueuses maisons en façade sur la place.

Contrairement à toutes les autres habitations, cette maison n'avait pas un seul spectateur à ses nombreuses fenêtres, pas plus qu'à ses balcons.

Guidé par l'intendant, après avoir traversé un certain nombre de pièces, meublées et ornées avec plus de magnificence encore que les salles de la maison des Cyprès, don César fut introduit dans un petit cabinet, désert pour le moment.

L'intendant le pria d'attendre là un instant, le temps d'aller aviser sa maîtresse.

Dans le couloir où il s'engagea, le vieil intendant tout cassé redressa soudain sa taille, et, d'un pas alerte et vif, il monta au premier étage et pénétra dans un salon, dont le balcon large et spacieux étalait sur la place le ventre rebondi de sa balustrade en fer forgé.

Assise dans un large fauteuil de velours, dans un costume d'une grande simplicité, blanc, depuis les pieds nonchalamment posés sur un coussin de soie rouge merveilleusement brodé jusqu'à la collerette très simple, sans un bijou, sans un ornement, Fausta attendait dans une pose méditative.

Le singulier intendant, qui venait de retrouver si soudainement la vigueur d'un homme dans la force de l'âge, s'inclina profondément devant elle et attendit.

—Eh bien, maître Centurion? interrogea Fausta.

Centurion, puisque c'était lui qui, adroitement grimé, venait de jouer le rôle d'intendant. Centurion répondit respectueusement:

—Eh bien, il est venu, madame.